Notices biographiques des Présidents de banquet de l’Association Amicale des Anciens élèves du Lycée

2ème Partie : l’Entre-deux-guerres, et les Années 1947-1969

Patrick EVENO & Charlie NOGREL16/09/2022

Voilà donc la suite du travail entrepris pour redonner vie à ces «anciens» élèves du Lycée Condorcet que nos prédécesseurs au sein de l’Association ont choisis pour présider leur Banquet annuel.
Cette deuxième partie couvre, tout comme la première, près de 50 années (1920 à 1969) pendant lesquelles l’Association a poursuivi cette tradition débutée en 1859.
On notera que, comme pour la période de 1915 -1919, il n y eut pas de banquet pendant les années de guerre (et d’occupation) entre 1939 et 1946.

À ce sujet, il est intéressant de remarquer qu’un tiers des Présidents de Banquets tenus durant cette période 1920-1969, ont été impliqués personnellement dans l’un ou l’autre des deux conflits mondiaux ; et pourtant la plupart d’entre eux n’était pas militaire de carrière ( deux seulement), mais, mobilisés ou volontaires, ils ont passés plusieurs années de leur vie soit au front , soit dans la dans la lutte clandestine, soit encore en étant emprisonnés. Cette caractéristique était bien moins présente chez les Présidents de Banquet de la période 1859-1914, puisque seulement un sur dix avait eu une «activité» militaire, dont la majorité étaient militaires de carrière.

Quelles activités professionnelles ont eu nos Présidents de Banquet ? Cette question n’appelle pas une réponse univoque car près des deux tiers d’entre eux ont exercé, au cours de leur vie, plusieurs fonctions. C’est tout particulièrement le cas des hommes politiques (c’est la seconde activité la plus représentée) ou de ceux qui ont eu une activité dans le journalisme, et ceci s’observe aussi bien avant qu’après la Première Guerre mondiale. Inversement, ceux de nos Présidents de Banquets qui ont majoritairement exercé une seule activité sont ceux qui ont fait carrière dans l’enseignement au sens large, incluant l’administration de l’éducation, et c’est la première activité représentée parmi nos Présidents. On observe la même « exclusivité » professionnelle chez ceux qui ont œuvré dans les domaines littéraires (théâtre compris).
À noter que les professions du Droit et de la Justice, qui étaient très représentées (en troisième positon) avant 1914, le sont moins dans la période 1920-1969.

Quel était l’âge, au moment des Banquets, de ceux qui les ont présidés? Depuis la création de l’Association, c’est autour de 58 ans que se situe l’âge moyen, et un peu plus (62 ans) pour la période 1920 à 1969. Les âges extrêmes sont 34 ans pour le plus « jeune » (le peintre Édouard DETAILLE au Banquet de 1882) et 77 ans pour le plus âgé (le géographe Émile LEVASSEUR en 1905). Entre 1920 et 1969, le plus jeune (par ailleurs également Président de notre Association) est Charles CHENU, avocat, écrivain et ancien combattant 14-18, âgé de 41 ans lors du Banquet en 1927.
Ainsi donc, plus de la moitié de nos Présidents de Banquet sont âgés de 45 à 64 ans, âge où ils ont acquis une certaine expérience et une « réputation » professionnelle qu’ils peuvent donc venir partager avec leurs anciens condisciples lors du Banquet. Et ceci est encore plus vrai pour ceux qui sont âgés de plus de 65 ans, qui représentent un tiers des Présidents (de 1859 à 1969) . La proportion de moins de 45 ans qui était encore de 20% avant 1914 est tombée à 2 % pour la période décrite dans cette 2e partie : notre Association avait-elle moins de « jeunes » dans ses rangs, ou préférait-elle confier la présidence de son banquet à des personnes ayant beaucoup à transmettre ?…

N’hésitez pas à nous faire part, via ce site, de vos remarques et à nous transmettre toute information complémentaire dont vous auriez connaissance sur les « anciens » cités ici.

Une troisième partie, comportant les biographies des Président(e)s des Banquets tenus depuis 1970 sera publiée au cours des mois prochains.

AnnéesPrénomNomNaissance-DécèsNotice Biographique
1915-1919pas de Banquet (Guerre 14/18)
1920André (Pierre Gabriel Amédée)TARDIEU1876-1945Lauréat du Concours général (1893), reçu major à l’ENS, il renonce, étant aussi reçu major au concours des Affaires étrangères (1898); il devient Diplomate et chroniqueur de politique étrangère pour Le Figaro puis Le Temps (1901-1914); il est un des cosignataire du Traité de Versailles (1919); Croix de guerre 14-18. Député de Seine et Oise (1914-1924) puis de Belfort (1926-1936), plusieurs fois ministre, 3 fois Président du Conseil (1929, 1930, 1932). En 1936, il quitte la vie politique mais s’exprime dans de nombreux ouvrages (La Révolution à refaire: le souverain captif) et dans le journal Gringoire, où il adopte un discours antiparlementariste, plaidant pour une république forte. En 1939, il est victime d’un AVC et finit sa vie paralysé.
1921 Charles (Armand Gabriel)WALTHER1855-1935Interne (1879) puis Chirurgien (1890) des Hôpitaux de Paris (à l’Hôpital de La Pitié à partir de 1900); Professeur à la Faculté de médecine de Paris; il précise en particulier les aspects cliniques et les détails opératoires de l’appendicite et est précurseur dans de nombreux domaines de la chirurgie ; durant la 1ère guerre mondiale, il est à la tête d’un service chirurgical au Val-de-Grâce ; Membre (en 1918) puis président des Académies de Médecine et de Chirurgie – Grand Officier de la Légion d’honneur (1935)
1922AbelHERMANT1862-1950Major de l’ENS en 1880, démissionne en 1881 pour se consacrer à la littérature, auteur de nombreux ouvrages, chroniqueur au Temps puis au Figaro, élu à l’Académie française en 1927. Grand Officier de la Légion d’honneur. 1940-1944: bien qu’anglophile il écrit de nombreux articles pour la presse collaborationniste (Aujourd’hui, Nouveaux Temps). En 1945, condamné à la réclusion à perpétuité (remise de peine en 1948), exclus de l’Académie française, radié de la Légion d’honneur.
1923Alexis (Roger)HÉLY-D’OISSEL1859-1937Lauréat au Concours Général en 1876; major de sa promotion à Saint-Cyr en 1882 , Officier de Cavalerie ; nommé Général de division en 1914, il prend (mai 1915) le commandement du 36e corps d’armée (sur le front belge et la région fortifiée de Dunkerque) puis (août 1916) du 8e corps d’armée (Meuse, Somme, Argonne et Champagne); quoique blessé en mars 1918, il participe à l’offensive de juillet 1918 jusqu’en Belgique où il se trouve au moment de l’armistice. Il prend sa retraite par anticipation le 27 novembre 1919 – Grand officier de la Légion d’honneur (1920)
1924(Louis) AlbertSALLE1861-1937Avocat à la Cour d’appel de Paris (1882), élu (à l’issue d’un concours jugeant de l’aptitude oratoire et de la capacité de conviction) Secrétaire de la Conférence des Avocats du Barreau de Paris en 1885; Docteur en droit (1886); Bâtonnier de l’Ordre des avocats de Paris (1921-1923), connu pour sa rigueur, dont un de ses successeurs déclara : «il semblait qu’il portât avec lui les tables de notre Loi». Lors de l’inauguration, au Palais de Justice de Paris, le 2 décembre 1922, du monument aux morts de la Guerre 14/18 appartenant à «la famille judiciaire», c’est lui qui ferme cette cérémonie en lisant les noms des 230 avocats morts pour la France – Commandeur de la Légion d’honneur (1931)
1925(Georges Eugène) HenriROGER1860-1946Interne (1882) puis Médecin (1921) des Hôpitaux de Paris; Professeur de pathologie expérimentale et comparée et de physiologie (1904); connu pour la rédaction, avec P.J.Teissier et Fernand Widal, d’un important « Nouveau traité de médecine » (en 1920) et du « Traité de Physiologie normale et pathologique » avec Léon Binet; Doyen de la faculté de médecine de Paris (1917 à 1930); élu membre de l’Académie de médecine en 1910. Il est l’un des fondateurs, en 1930, de l’Union Rationaliste, dont le but est de « défendre et répandre dans le grand public l’esprit et les méthodes de la science, pour lutter contre l’irrationalisme » – Commandeur de la Légion d’honneur (1923)
1926(Pierre Joseph) CasimirCHACORNAC1861-1938Agrégé de Grammaire(1895), Professeur de lettres classiques. Censeur du lycée de Constantine (1897), puis Proviseur de plusieurs lycées dont à Nice (1905), et à Paris: Janson-de-Sailly (1909-1915) puis Condorcet (1916-1927)
1927Charles (Maurice)CHENU1886-1963Avocat, Docteur en droit (1910), élu Secrétaire de la Conférence des Avocats du Barreau de Paris (1911). Combattant de la Grande Guerre, devenu Officier de char, son courage lui vaudra la Croix de guerre avec palmes ; il écrit son premier livre pendant un cantonnement en 1918 : « Totoche, prisonnier de guerre : journal d’un chien à bord d’un tank« . Il poursuit ensuite sa carrière au Barreau de Paris, tout en se consacrant, en parallèle, à la rédaction de romans et à celle d’un témoignage fort sur « sa » guerre « Du képi rouge aux chars d’assaut » publié en 1932. Président de notre Association de 1908 à 1928.
1928Emmanuel (Pierre)RODOCANACHI1859-1934Historien, spécialiste de l’Italie ancienne et moderne et de la Papauté; Président de la Société des études historiques ; Collaborateur de la Revue Historique, de la Revue Nouvelle et du Journal des Débats; élu membre de l’Académie des sciences morales et politiques (1925) – Commandeur de la Légion d’Honneur
1929(Alphonse Clément Louis) MauriceLABROSSE-LUUYT1859-1942Polytechnicien (1878), Ingénieur des Mines (1883); détaché, en 1888, à la Compagnie des chemins de fer Paris-Lyon-Marseille (PLM) dont il deviendra Directeur-général adjoint (de 1918 à 1932), puis Directeur Honoraire Conseil – Commandeur de la Légion d’Honneur (1926)
1930Henri (Benjamin)RABAUD1873-1949Compositeur de musique. Élève du Conservatoire national de musique (1891), Grand prix de Rome (1894), membre de l’Académie des Beaux-Arts (1918), directeur du Conservatoire national de musique de Paris (1920 -1941); auteur de nombreuses musiques d’opéra; son plus grand succès et son œuvre maîtresse est l’opéra-comique « Mârouf, savetier du Caire« , tiré des Contes des mille et une nuits, créé à Paris le 15 mai 1914; il fit aussi une belle carrière de chef d’orchestre (Opéra de Paris, Boston…)
1931(Laurent) Emmanuel (Ferdinand, Édouard)DÉBORDE de MONTCORIN1858-1941Licencié en droit ; Chef de bureau au Ministère de l’Instruction publique et des Beaux-Arts (1882-1918); Conservateur du Musée national de Maisons-Laffitte (1918 à 1922) ; Secrétaire honoraire des Musées Nationaux (à partir de 1923); Président (en 1900) puis Secrétaire général de la Société des Études Historiques, collaborateur à la Revue éponyme. Fut aussi chroniqueur littéraire et poète. Président de notre Association de 1928 à (au moins) 1937
1932Louis (Pierre Raoul Roger) BENAERTS1868-1941Lauréat (1887) du prix annuel décerné par notre Association; ENS (1887-1890), Agrégé d’histoire et de géographie en 1890, Professeur d’histoire dans différents lycées dont (à Paris) Charlemagne (1899) et Condorcet à partir de 1901; docteur ès lettres (1915); devient Inspecteur d’Académie à Paris (Juin 1922) puis Directeur de l’Office Central du Baccalauréat (Oct.1931); auteur du livre « Un lycée parisien durant quatre générations, le Lycée Condorcet (1804-1937)« .
1933(Lucien) AdrienOUDIN1873-1934Docteur en Droit, Avocat à la cour d’appel de Paris . Engagé volontaire durant la Guerre 14-18, décoré de la Croix de Guerre. Il fut élu en 1903 au Conseil municipal de Paris jusqu’en 1932, et il en fut le Président en 1919-1920. Élu Conseiller général puis Député de la Seine (1931-1934),inscrit au groupe des républicains d’union nationale, il vota pour la retraite du combattant, la péréquation des retraites, la réduction du nombre des députés, le vote obligatoire et le vote des femmes… Depuis 1935, une place porte son nom dans le quartier de la Chaussée d’Antin dont il fut représentant.
1934LéonBRUNSCHVICG1869-1944ENS (1888), agrégé de Philosophie (1891), docteur ès lettres (1897) ; Professeur de philosophie en province puis à Paris ( lycées Condorcet et Henri IV); nommé professeur à la Sorbonne en 1909, il y enseigne pendant trente ans ; co-fondateur en 1893 (avec 2 autres anciens élèves du Lycée : Xavier Léon et Élie Halévy) de la Revue de métaphysique et de morale, membre (1919) puis Président (1932) de l’Académie des sciences morales et politiques, fondateur de la Société des amis de Spinoza (1921), président de la Société française de philosophie (1936). Son œuvre, abondante et diverse, touche à l’histoire de la philosophie ainsi qu’à la philosophie des sciences, et son rayonnement s’est fait sentir jusqu’à la Seconde Guerre mondiale et au-delà.
1935MauriceDENIS1870-1943Artiste peintre ; Il étudie simultanément en 1888 à l’Académie Julian et à l’École des Beaux-arts qu’il quitte rapidement, la jugeant trop académique; il fonde avec Sérusier, Vuillard (anciens élèves du Lycée) et Bonnard, le groupe des «Nabis», mouvement artistique post-impressionniste, influencé par Gauguin. Théoricien de l’art, très impliqué dans les débats esthétiques de son temps : «l’art, disait-il, est une caricature». Il laisse une œuvre abondante aux multiples facettes ; ses peintures colorées utilisent un contraste de couleurs chaudes et froides pour décrire des scènes imaginaires ou allégoriques ; il est aussi l’un des décorateurs les plus importants de l’Entre-deux-guerres (théâtres, églises, édifices civils); élu membre de l’Académie des beaux-arts (1932) – Commandeur de la Légion d’honneur (1926).
1936(Achille Octave Marie) JacquesBARDOUX1874-1959Licencié en droit, Docteur ès lettres (1901), il collabore à de nombreux journaux et devient Professeur à l’École libre des sciences politiques («Sciences Po») en 1908. Engagé volontaire en 1914, devient chef de cabinet du maréchal Foch en 1918, puis enseignant à l’École Supérieure de Guerre; spécialiste des questions de politique étrangère, il est élu membre (1925) puis président (1937) de l’Académie des sciences morales et politiques. Sénateur (1938), il votera les pleins pouvoirs au maréchal Pétain en 1940 , mais sera relevé de l’indignité nationale pour faits de Résistance. Député du Puy de Dôme de 1946 à 1955, il se retirera pour laisser son siège à son petit-fils, Valéry Giscard d’Estaing – Commandeur de la Légion d’honneur (1935)
1937(David Léon) RaoulBLOCH-LAROQUE1868-1958Docteur en Droit; Juge (1895) puis Substitut (1900) au Tribunal de 1ère instance de la Seine; Substitut du procureur général (1909) puis Avocat général (1917) à la Cour d’appel de Paris ; Avocat général à la Cour de Cassation (1922-1940) puis Président de chambre Honoraire. Fut Chef de Cabinet du Ministre des Finances en 1920 – Commandeur de la Légion d’honneur (1933)
1938Fernand (Charles Félix)GREGH1873-1960Premier prix de composition française au Concours Général (1890). Écrivain, Poète, il fonde, avec plusieurs anciens du lycée Condorcet (dont Marcel PROUST), la revue Le Banquet en 1892; collaborateur et critique littéraire de plusieurs journaux et revues (dont La Revue des Deux Mondes, La Revue de Paris, le journal culturel Comœdia…); président de la Société des gens de lettres (1949-1950); élu à l’âge de 80 ans à l’Académie française en 1953. Auteur de nombreux ouvrages (dont plusieurs volumes de souvenirs) et recueils poétiques (dont « La Maison de l’Enfance« , prix de l’Académie en 1897) – Grand-Officier de la Légion d’honneur (1946).
1939-1946pas de Banquet (Guerre 39/45, Occupation, régime de Vichy, immédiat Après-guerre)
1947PaulGERARDOT1898-1980Entre à Saint-Cyr en 1917; d’abord Officier d’infanterie, il est muté dans l’aviation en 1921, et breveté pilote en 1925; fin 1933, il participe à la «Croisière noire», vol de « l’escadre Vuillemin » depuis Istres jusqu’à Bangui, destiné à démontrer les capacités opérationnelles de la jeune Armée de l’Air; au cours d’une mission en 1939 son avion est abattu; blessé et fait prisonnier, il s’évade fin 1940 et rejoint l’Afrique du Nord ; à partir de 1943, il réorganise les Forces aériennes de la France Libre ; il est Commandant du Corps aérien français en 1944 ; nommé Général de division, il est chef d’État-Major général de l’armée de l’air en 1946 – Grand Officier de la Légion d’honneur.
1948Edward dit ÉdouardPOMIAN POZERSKI, dit « de POMIANE »1875-1964Médecin, Homme de lettres, et… Gastronome. Docteur en médecine (1902) et ès Sciences (1908), spécialiste de la physiologie de la digestion; il rejoint l’Institut Pasteur comme Chercheur et y fait toute sa carrière (1901-1943); il invente la «gastrotechnie», science des transformations chimiques des aliments lors de leur préparation; à partir de 1922, il enseigne à l’Institut d’hygiène alimentaire; Membre fondateur de l’Académie des gastronomes (1928); il publie de très nombreux articles et livres (à caractères scientifiques mais aussi « grand public ») sur l’art de bien manger et l’art culinaire; ses causeries gastronomiques à la radio (Radio-Paris) lui valent la célébrité.
1949Robert (Georges)BETOLAUD1901-1983Avocat à la Cour d’appel de Paris. Mobilisé en 1939 comme Officier; Croix de guerre 1939-1945. Démobilisé, il est l’avocat, lors du procès de Riom en 1942, de Paul Reynaud, ancien président du Conseil en 1940, jugé responsable de la défaite par Vichy; puis il entre dans la Résistance, et, en 1944, à l’État-major FFI de la région parisienne, puis au comité parisien de Libération; Médaillé de la Résistance. Député de la Seine (1946-1951), membre du Parti républicain de la Liberté (PRL) ; Secrétaire d’État aux Anciens combattants (1948-1949). En 1951, il reprend sa profession d’avocat – Commandeur de la Légion d’honneur
1950AndréSIEGFRIED1875-1959Docteur es Lettres et en Droit, diplômé de l’École libre des sciences politiques, il fut d’abord tenté par la politique, mais y renonça après plusieurs échecs électoraux. Professeur à l’École libre des sciences politiques à partir de 1911, il est élu membre de l’Académie des sciences morales et politiques (1932) et à la Chaire de géographie économique et politique au Collège de France (1932-1947); il a contribué à fonder la géographie électorale ; il est l’auteur de nombreux ouvrages (dont le célèbre « Tableau politique de la France de l’Ouest« ) et fut collaborateur régulier au Figaro. Élu à l’Académie Française (en1944) – Grand Officier de la Légion d’honneur (1955).
1951Henri (Marie Jules)DEROY1900-1979Diplômé de l’École libre des sciences politiques, docteur en droit. Inspecteur des finances (1926), Directeur général de la Caisse des dépôts et consignations (1935-1940 et 1943-1945) et Secrétaire général aux Finances publiques de juillet 1940 à mai 1943. Gouverneur du Crédit Foncier (1945), inspecteur général des finances (1945). À partir de 1955, en disponibilité, il dirige ou préside de nombreuses entreprises, notamment la Banque de Paris et des Pays-Bas (devenue BNP) et la Compagnie internationale des wagons-lits; par ailleurs président (1959) puis président d’honneur (1975) du CEDIAS Musée social – Grand Officier de la Légion d’honneur.
1952Jean (Marie Pierre Étienne)LEGRAND, dit « NOHAIN »1900-1981Licencié en droit, avocat en 1921, il abandonne le barreau et écrit d’abord pour la jeunesse sous le pseudo de « Jaboune »; à partir de 1923, il anime et produit des émissions radiophoniques et écrit des chansons (avec la compositrice Mireille : »Couché dans le foin« , « Puisque vous partez en voyage« ,…). Fin 1942, il rejoint les Forces françaises libres à Londres puis combat dans la 2e DB. En 1950, il est engagé par la télévision (RTF puis ORTF) où il va créer et produire de nombreuses émissions de jeux et de variétés. (« 36 chandelles« …). Dans les années 1970, refusant de prendre sa retraite, il parcourt la France en y animant des galas – Commandeur de la Légion d’honneur.
1953Joseph (Victor Octave)DENIS, dit « DENIS D’INÈS »1885-1968Artiste dramatique; reçu au Conservatoire d’art dramatique en 1902, il en sort avec un second prix de Comédie et un premier accessit de Tragédie. Il se produit au Théâtre Antoine puis à l’Odéon. Entré à la Comédie-Française en 1914, il en devient le 361e sociétaire en 1920, puis doyen de 1945 à 1953 et enfin sociétaire honoraire en 1954. Il joua dans plus d’une centaine de pièces de théâtre et fut aussi acteur pour le cinéma ainsi qu’un metteur en scène éclectique. Professeur, il forma toute une génération de comédiens, parmi lesquels Jean-Paul Roussillon, Georges Descrières, Jacques Toja, Michel Aumont…
1954ÉmileHENRIOT1889-1961Poète, écrivain, essayiste et journaliste; il tient la critique littéraire au Temps de 1919 à 1941, puis au Monde de 1944 à 1961 où il a popularisé le terme « nouveau roman » dans un article paru en 1957. Parallèlement, il collabora régulièrement à La Revue des deux mondes, et publia de nombreux essais consacrés à l’histoire des idées et à la littérature, Membre de l’Académie Française (1945) – Grand Officier de la Légion d’honneur (1959).
1955JulesROMAINS (Pseudonyme de Louis FARIGOULE)1885-1972Reçu à l’ENS (1906), agrégé (1909) puis professeur de philosophie (1909-1919) ; à l’issue de la Première Guerre mondiale, renonce à sa carrière dans l’enseignement pour se consacrer exclusivement à la littérature; il écrit des poèmes, des essais et surtout des pièces de théâtre (dont le fameux « Knock ou le Triomphe de la médecine » en 1923) et des romans (dont « Les Hommes de bonne volonté« , tableau de l’évolution de la société, en 27 tomes publiés entre 1932 et 1946). Entre 1935 et 1939, par pacifisme, il milite pour un rapprochement franco-allemand, mais Il rompra en 1939 et s’exilera aux États-Unis de 1940 à 1946; élu à l’Académie française (1946) – Grand officier de la Légion d’honneur.
1956Francis (Jean Marcel)POULENC1899-1963Pianiste et Compositeur de nombreuses sonates, concertos (pour Piano surtout), de musique sacrée, de ballets et d’opéras. Grand maître français de la « mélodie », il est l’un des plus importants compositeurs du XXe siècle. Avec le « Groupe des 6« , proche de Érik Satie et de Cocteau, ses compositions des années 20 (« Les Mariés de la Tour Eiffel« , « Les Biches » …) sont emblématiques de l’insouciance et la fantaisie; mais elles coexistent ensuite avec une gravité due à sa foi catholique, retrouvée en 1935 (son œuvre maîtresse est dans ce domaine son opéra  » Le Dialogue des Carmélites » en 1957); d’où la formule célèbre « moine ou voyou » utilisée pour le caractériser. Parmi ses nombreuses fréquentations artistiques, on trouve autant de musiciens que de poètes ou d’artistes-peintres; en 1956, il publie « Le Travail du peintre« , un recueil de sept mélodies composées sur des textes de Paul Éluard .
1957JacquesCHASTENET de CASTAING1893-1974Licencié en histoire, Docteur en droit; lors de la 1ère Guerre mondiale, il sert comme officier d’artillerie (Croix de guerre 14-18). Diplomate de 1920 à 1924, il devient Journaliste puis directeur du quotidien Le Temps (1931-1942) ; parallèlement, il entre au service des industries du charbon: directeur de 1924 à 1930 de l’Union des Mines . Il est élu à l’Académie des sciences morales et politiques (1947) et à l’Académie Française (1956). Conseiller de l’Union française (1952-1958), et membre de divers comités atlantistes; membre du Conseil économique et social (1959-1961), administrateur de nombreuses sociétés. Il a également écrit de nombreux ouvrages historiques, notamment une Histoire de la IIIème République en 7 tomes – Grand officier de la Légion d’honneur.
1958Serge (Léopold Alfred)OBERLIN1892-1973Interne des Hôpitaux de Paris (1913), Docteur en médecine (Paris, 1924) ; Chirurgien des Hôpitaux de Paris (1925) à l’Hôpital de la Pitié ; auteur (avec Raymond Grégoire) d’un célèbre ouvrage illustré d’anatomie (1950); président du Conseil de l’Ordre des Médecins (1950-1952); élu membre de la section de Chirurgie de l’Académie de Médecine en 1961.
1959René (Pierre) WilliamTHORP1898-1967Avocat près la Cour d’appel de Paris à partir de 1921, élu premier secrétaire de la « Conférence du stage » de 1924 à 1925 . Il aborda une carrière politique en 1935: élu député radical-socialiste de le Gironde de 1936 à 1942, ardent défenseur de des droits d’auteurs. Comme il vote les pleins pouvoirs au maréchal Pétain en 1940, il sera déclaré inéligible à la Libération. Il reprend alors sa profession d’avocat , et devient Bâtonnier de l’Ordre des avocats de Paris (1955-1956). Durant les évènements d’Algérie, il soutient le principe de l’autodétermination en Algérie, et son appartement sera la cible d’un attentat en novembre 1961. En pleine audience de l' »Affaire Ben Barka », il sera terrassé par un accident cardiaque et décédera le 4 février 1967 – Croix de guerre 1914-1918 et 1939-1940
1960Guillaume (Charles René Jean)LE BIGOT1909-1987Diplômé d’HEC, licencié en droit, diplômé de l’École du Commissariat de la Marine (1929). Contrôleur général de la Marine (1953), en Juin 1958 il est nommé Délégué du Ministre pour l’Administration de la Marine; puis sera Conseiller de plusieurs ministres de la Défense; maire du Puget sur Argens (1959-1971); président de la Compagnie des Messageries Maritimes (1961-1966), administrateur de nombreuses sociétés (dont la compagnie aérienne UTA) – Commandeur de la Légion d’honneur.
1961Henri (Amédée Félix)MASSIS1886-1970Licencié ès lettres (1908); Écrivain, critique littéraire, essayiste politique et polémiste. À partir de 1920, il collabore puis dirige «  la Revue universelle » dont la ligne éditoriale était proche de celle de L’Action française; Il occupe des postes dans l’administration de Vichy mais, du fait de sa germanophobie affirmée, il est peu inquiété à la Libération. Après le guerre, il publie plusieurs études biographiques et collabore à la revue catholique traditionaliste « Itinéraires« . Élu membre de l’Académie Française (1960)
1962AlexandrePARODI1901-1979Licencié ès lettres et en droit, diplômé de l’École libre des sciences politiques. Auditeur au Conseil d’État (1926), puis Maître des requêtes (1938), Conseiller d’État (1945), et enfin vice-président du Conseil d’État (1960-1971). Spécialiste des questions du travail. Révoqué par Vichy, il entre dans la Résistance en 1941, membre du Comité général d’études (CGE) constitué par Jean Moulin, chef de l’administration clandestine en mars 1944, délégué général du Gouvernement provisoire de la République française (GPRF). En août 1944, élevé au rang de ministre des territoires libérés, il accueille le général de Gaulle à Paris le 25; est nommé Compagnon de la Libération. Ministre du Travail (1944-1945) puis Ambassadeur de France (1945-1960) auprès de l’ONU, de l’OTAN et au Maroc – Grand-Croix de la Légion d’honneur.
1963(Yves) Gilbert (Edmond)HIRSCH-OLLENDORFF dit « GRANDVAL« 1904-1981Après des études de médecine inachevées, il entre, en 1927, à la Compagnie Saint Gobain dont il devient le directeur commercial début 1939. Pilote amateur, mobilisé en 1939, il entre en Résistance dès juillet 1940; sous le pseudo de GRANDVAL, il intègre en 1943 le réseau de « Ceux de la résistance » (CDLR) dont il devient un des dirigeants puis chef des Force françaises de l’intérieur (FFI) pour la région Est; il est Croix de Guerre 39/45 et Compagnon de la Libération. À partir d’Août 1945, il dirige l’administration française en Sarre occupée, puis y demeure comme Ambassadeur (1952-1955); nommé Résident général au Maroc (Juin 1955) mais opposé aux décisions gouvernementales, il démissionne en septembre. Gaulliste de gauche, il devient Ministre du Travail (1962-1966). Président de la Compagnie des Messageries Maritimes (de 1966 à 1972) – Grand officier de la Légion d’honneur
1964Jacques (Jean Lucien)DIOR1894-1978Polytechnicien (1914) ; engagé volontaire dès Août 1914, servira durant toute la guerre dans l’Artillerie ; détaché à l’École polytechnique, il démissionne en 1921; ingénieur, il collabore puis dirige (à partir de 1932) l’usine familiale d’engrais chimiques située à Granville (« l’Engrais Dior c’est de l’or » disait la publicité); l’entreprise poursuivra son activité jusqu’au début des années 1980. De 1958 à 1964, il préside la Chambre de commerce de Granville. Il fut aussi administrateur de sociétés (Compagnie des eaux et d’électricité de l’Indochine en 1937, Compagnie des produits chimiques et raffineries de Berre, Cellulose du pin, etc…). Il était le petit-cousin du grand couturier Christian Dior.
1965Raymond (Samuel)HASS PICARD1906-1971Diplômé d’HEC, docteur en droit; militant socialiste, il suit la carrière politique de Jules Moch dans le gouvernement de Front populaire; en 1942, il rejoint Londres, s’engage dans les FFI, puis devient représentant du Parti socialiste clandestin auprès du GPRF. Nommé préfet en 1945, il est membre de divers cabinets ministériels puis préfet dans divers départements, enfin préfet de la Seine (1963-1966). Mis en congé spécial, il retrouva alors des fonctions dans le privé (Industries pétrolières, Banques …) – Grand officier de la Légion d’honneur
1966(Xavier Félix) ChristianTALAMON1900-1983Docteur en Droit (1926); Avocat à la Cour (1928), puis (à partir de 1933) Avocat aux Conseils (les seuls avocats habilités à plaider devant le Conseil d’État et la Cour de Cassation). Capitaine de réserve, il est fait prisonnier en 1939 au début de de la guerre (détenu à l’Oflag 6 à Münster) ; il reprend ses activités dès 1942. Président (en 1956-1957) de l’Ordre des « Avocats aux Conseils »; Membre de la Commission Juridique de l’Aéro-Club France. En 1955, il contribue à redonner vie au Golf de Cabourg.
1967Robert (Marc André)BENOIST1912 -2014Clerc de Notaire, puis Notaire à Paris, en exercice de 1946 à 1983; président du Conseil supérieur du notariat de 1970 à 1972, puis président honoraire; président de l’Association Valentin Haüy (acteur historique de l’aide aux personnes déficientes visuelles) de 1984 à 1996.
1968Marc (Armand)LALLIER1906-1988Licencié en Droit; il entre en 1926 au séminaire Saint-Sulpice à Paris; ordonné prêtre en 1932, il est nommé professeur de théologie au Grand séminaire d’Issy. Il est Aumônier de la cité universitaire en 1936, et Aumônier Général des Guides de France en 1937. Mobilisé fin 1939, il est fait prisonnier, mais parvient à s’évader. En 1941, lui est confiée la fonction de supérieur du Petit Séminaire de Conflans. Il sera nommé successivement : évêque de Nancy (1949-1956), archevêque de Marseille (1956-1966) et archevêque de Besançon (1966-1980). Lors du conflit social LIP, il prit fait et cause pour les ouvriers dans un appel au dialogue. En mars 1980 il se retire chez les Petites sœurs des pauvres à Paris.
1969RogerIKOR1912-1986ENS (1934), agrégé de grammaire (1935), professeur de lettres en Avignon en 1937. Mobilisé en 1939 comme officier de réserve, il est fait prisonnier en mai 1940 et sera détenu pendant cinq ans dans un « Oflag « en Poméranie, où il crée un journal clandestin. De retour en France en 1945, il enseigne dans plusieurs lycées parisiens (dont le nôtre); nommé maître-assistant à la Sorbonne en 1969, il en devient professeur honoraire à partir de 1973. Il commence à publier des romans à partir de 1951, obtient le Prix Goncourt en 1955 pour Les Eaux mêlées; son thème dominant : celui de la dignité humaine. Moraliste mais sans foi religieuse, homme de gauche mais rebelle aux chapelles politiques, il écrit dans de nombreux journaux (dont Le Monde) et revues. Membre du comité d’honneur de la LICRA, il fut aussi vice-président de l’Union rationaliste. Marqué par le suicide de son fils en 1979, il mène jusqu’à sa mort une lutte contre le phénomène sectaire et fonde le Centre contre les manipulations mentales (CCMM).

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