Émile de GIRARDIN : un journaliste à CONDORCET

Patrick EVENO | 09/01/2022

S’il est un homme qui traîne une réputation sulfureuse dans le journalisme, c’est bien Emile de Girardin ; à lui seul il incarne la versatilité des opinions et le mercantilisme introduit dans la plus noble des passions. Pourtant, son itinéraire mérite mieux que cet opprobre. Comme disait l’un de ses contemporains, Hippolyte Auger, « Girardin est né journal ; il a toujours vécu journal et il mourra journal ». Girardin est « l’homme d’une idée par jour », qu’il met au service de la presse, certes, mais plus encore de la liberté. Toutefois, il pense « pratique », et si ses articles ou ses éditoriaux sont parfois de longs plaidoyers en faveur de la liberté de la presse, l’essentiel pour lui demeure l’action qui fera triompher ses idées.

Né le 22 juin 1806 à Paris, dans le faubourg Saint-Martin, Emile de Girardin est issu de la liaison du colonel Alexandre de Girardin, bientôt général et comte de l’Empire, avec Adélaïde-Marie Fagnan, épouse de magistrat et fille d’un haut fonctionnaire des finances de Louis XVI ; parmi les élites de l’Empire et de la Restauration, les bâtards n’ont guère leur place. Après une éducation provinciale auprès de nourrices et de familles de placement, il reçoit de son père une rente de 1 200 francs par an et une protection discrète. Revenu à Paris, il est élève au lycée Condorcet en 1822, et l’on trouve sur son dossier l’annotation : « grand remueur d’idées ». Il est bientôt commis d’agent de change puis inspecteur des Beaux-Arts, se met à écrire, notamment un roman autobiographique, Emile,paru en 1827, qui est une longue plainte sur le sort des enfants sans famille. Mais, à 22 ans, le virus de la presse le saisit et ne le lâchera plus.

Girardin photographié par Nadar en empereur de la presse (Collection Patrick Eveno)

« Au lieu d’être un flambeau, la presse est une torche »

Lancé avec 500 francs le 5 avril 1828, l’hebdomadaire Le Voleur estune création originale : comme son titre le fait savoir, il reprend sans rémunération des articles que des confrères ont publiés dans d’autres journaux. A l’époque, le droit d’auteur et le copyright n’existent pas. Le succès lui permet, en octobre 1829, de créer La Mode, une « revue des modes, galerie des mœurs, album des salons », qui reçoit le patronage de la duchesse de Berry. Mais la révolution de 1830 fait fuir les aristocrates sur leurs terres ; le faubourg Saint-Germain, vidé, ne donne plus le ton ; Girardin met aux enchères le journal, qui est racheté par des légitimistes, et ramasse la mise. Il participe aussi au Courrier des électeurs en 1829, puis en 1830 au quotidien Le Garde national.

En novembre 1830, à la faveur du débat sur la législation de presse, il théorise ses idées sur la presse : le carcan administratif (le timbre, le cautionnement, etc.) rend la presse trop chère, ce qui la conduit, pour fidéliser son public d’abonnés, à outrer ses opinions. En abaissant les taxes, on pourra abaisser le prix de l’abonnement, donc élargir la clientèle et rendre la presse plus modérée, puisque soucieuse de conserver un public plus vaste aux opinions plus diverses : « La presse, comprimée, a dévié de son origine et de son but ; au lieu d’être un flambeau, elle est une torche ». L’année suivante, il adresse un mémoire à Casimir Périer : « Hors les cas de diffamation, l’impunité est le seul moyen efficace de contenir les passions de la presse périodique sans les irriter ». C’est de cette époque que datent ses positions, maintes fois réaffirmées, en faveur d’une totale liberté de la presse.

Le 1er juin 1831, Emile de Girardin épouse Delphine Gay, la « Muse de la Patrie », la plus célèbre des poétesses romantiques, fille de la romancière Sophie Gay. Tenant salon, elles avaient su gagner les sympathies de tous les écrivains du temps ; noces de journalistes qui créent l’information, c’est également un mariage de cœur et d’admiration réciproque. Girardin vend Le Voleur, s’installe rue Saint-Georges au cœur de la Chaussée d’Antin, le quartier de la presse et des banques, et lance en décembre 1831 Le Journal des connaissances utiles, patronné par la Société nationale pour l’émancipation intellectuelle, fondée par Girardin lui-même. Mensuel de 32 pages, à quatre francs l’abonnement annuel, il atteint bientôt les 132 000 abonnés. Avec le succès, il se lance dans la philanthropie, dans les affaires plus ou moins douteuses et le développement d’un ensemble d’éditions populaires vendues à bon marché, l’Almanach de France, un Atlas de France, un Annuaire de France, un Dictionnaire de la langue française, etc. Même les écrivains les plus hostiles sont forcés de reconnaître que Girardin a contribué à l’éducation populaire. Mais Le Journal des connaissances utiles est bientôt dépassé par les concurrents qu’il inspire, notamment Le Magasin pittoresque, fondé en 1833 à l’imitation du Penny Magazine, lui-même inspiré du Journal de Girardin. En 1836, Emile de Girardin arrête toutes ces publications pour se consacrer à son grand projet, la création d’un journal d’information pour le grand public.

Les vertus de la presse populaire

En 1834, il est élu député de Bourganeuf (Creuse) ; il n’a que 28 ans, alors que l’âge de l’éligibilité est de 30 ans. Qu’importe, il se fabrique un acte de naissance qui le vieillit de quatre années ! De 1831 à 1836, Girardin prêche pour la presse à bon marché, dans son intérêt personnel mais aussi dans l’intérêt général : il n’y avait que des journaux de partis, il faut créer des journaux pour le grand public ; il préconise toujours la suppression du timbre et du cautionnement, alors qu’au contraire les lois de septembre 1835, consécutives à l’attentat de Fieschi contre le roi, renforcent la législation restrictive. « Sous peine de mourir en naissant, le journal à bon marché devra être populaire dans toute l’acception que nous donnons à ce mot, c’est-à-dire qu’il devra représenter et défendre, non point l’opinion intéressée d’un parti exclusif, la cause dynastique d’une famille, les théories inapplicables d’une école, mais les véritables intérêts nationaux. Voilà ce que produit d’admirable la presse populaire, la presse à grand nombre et à bon marché. C’est qu’elle ne saurait sans se suicider trahir ouvertement la vérité ou aliéner dans l’ombre son indépendance, être servile ou injurieuse, en un mot personnelle, tandis que la littérature parisienne, que quelques centaines d’abonnements suffisent pour faire vivre, peut impunément trafiquer du mensonge, se prostituer aux fonds secrets, vivre dans l’insulte et la honte ».

Il expose les recettes de la presse à bon marché dans Le Journal des connaissances utiles. Les dépenses d’un journal sont de deux sortes : les frais décroissants (impression, rédaction, administration, intérêts du capital) qui demeurent sensiblement les mêmes quel que soit le tirage, et les frais croissants (papier, timbre, tirage, port), qui augmentent naturellement avec le nombre des abonnés. Or, à mesure que les frais décroissants diminuent avec l’élévation du tirage, le produit de la publicité augmente et crée par conséquent bientôt de larges bénéfices. En outre, en développant la publicité, le journal à bon marché travaille dans l’intérêt général, car les annonces favorisent le commerce et donc l’industrie.

Toutefois, pour séduire les annonceurs, il faut leur prouver que le journal est réellement vendu ; c’est pourquoi il invente la vérification et la certification du nombre des abonnés : les annonceurs peuvent venir aux bureaux du journal consulter la liste des abonnés payants. Les recettes publicitaires représentent 20 à 30% des recettes totales de La Presse, mais elles sont sensibles aux pressions des annonceurs et aux fluctuations économiques. D’où une autre invention de Girardin, « l’affermage » des recettes publicitaires à des intermédiaires qui achètent des espaces aux journaux et se chargent de les revendre aux industriels, aux commerçants et aux charlatans.

Réformer le journalisme

Le 1er juillet 1836, Girardin a lancé La Presse, quotidien imité le même jour par Le Siècle d’Armand Dutacq, un ancien associé de Girardin. Celui-ci n’est pas solidaire de ses confrères : il nie que le journalisme soit un sacerdoce ; il est partisan d’une presse nouvelle contre tous les tenants de l’état ancien qui désiraient voir se prolonger la situation. Delphine de Girardin combat à ses côtés : « Ce ne sont pas les journalistes que nous voulons persécuter, ce sont les abonnés que nous voulons instruire ; oui, nous rêvons la régénération de la presse par l’initiation des abonnés ». Mais les journaux politiques font campagne contre l’entreprise de Girardin à laquelle ils ne croient pas et qui leur fait du tort. Ils multiplient les pressions sur les cafés, cabinets de lectures et libraires. Capo de Feuillade le traîne dans la boue dans Le Bon sens, Girardin l’emmène en correctionnelle ; Armand Carrel, rédacteur en chef du National, attaque le procès, Girardin lui répond ; s’en suit un duel et la mort de Carrel. Armand Carrel succombant sous la balle de Girardin devient le symbole du journalisme d’idées tué par le journalisme industriel…

Louis Blanc, dans son Histoire de dix ans, paru en 1841, résume la querelle : « Une grande révolution allait s’introduire dans le journalisme. Diminuer le prix des grands journaux quotidiens, accroître leur clientèle par l’appât du bon marché et couvrir les pertes résultant du bas prix de l’abonnement par l’augmentation du tribut qu’allaient payer à une publicité, devenue plus considérable, toutes les industries qui se font annoncer à prix d’argent, tel était le plan d’Emile de Girardin. Ainsi, l’on venait transposer en un trafic vulgaire ce qui est une magistrature, et presque un sacerdoce; on venait proposer de rendre plus large la part jusqu’alors faite dans les journaux à une foule d’avis menteurs, de recommandations banales ou cyniques, et cela aux dépens de la place que réclame la philosophie, l’histoire, les arts, la littérature, tout ce qui élève, en le charmant, l’esprit des hommes; le journalisme, en un mot, allait devenir le porte-voix de la spéculation. Nul doute que, sous cet aspect, la combinaison nouvelle fût condamnable. D’un autre côté, elle appelait à la vie publique un grand nombre de citoyens qu’en avait éloigné trop longtemps le haut prix des journaux; et cet avantage, il y avait évidement injustice à le méconnaître. Mais les intérêts sont toujours absolus et exclusifs dans leur colère : Emile de Girardin, qui avait commencé l’attaque, fut attaqué à son tour, et avec un blâmable excès d’âcreté, par quelques unes des feuilles dont une concurrence inattendue menaçait la prospérité ou l’existence ».

Mais Girardin va plus loin : « Ce que La Presse, surtout, ne veut pas être ni paraître, c’est un journal au rabais. Sa mission est d’un autre ordre ; ce qu’elle a entrepris, c’est une réforme radicale du journalisme quotidien. La rédaction la plus noblement rétribuée, l’expression la plus soignée et le prix d’abonnement le plus faible, voilà ce que La Presse s’est assurée les moyens de concilier ».

Succès du roman feuilleton

Pour attirer les abonnés, il faut, outre un prix de vente divisé par deux, 40 francs l’abonnement annuel au lieu de 80, leur offrir de quoi lire, et si possible du neuf. Pour fidéliser une clientèle plus populaire, il faut la séduire. C’est le rôle du roman feuilleton qui devient un des principaux attraits de la grande presse. Histoire à rebondissement, elle est publiée chaque jour en rez-de-chaussée, en première page. Etant données les sommes versées par les journaux, tous les grands romanciers français acceptent de voir leurs romans découpés en rondelles. Plusieurs ouvrages de Balzac, qui était un ami et un partenaire financier de Girardin, sont ainsi publiés. Victor Hugo, George Sand, Alexandre Dumas, Eugène Sue (Les Mystères de Paris, Le Juif errant, acheté 100 000 francs par Le Constitutionnel) contribuent au succès de la presse nouvelle. Car tous les journaux imitent La Presse et passent les uns après les autres à 40 francs et au roman feuilleton.

Mais les intellectuels de l’époque supportent difficilement cette situation. En témoigne le texte célèbre, « De la littérature industrielle », que Sainte-Beuve publie dans la Revue des Deux Mondes le 1er septembre 1839 : « On eut beau vouloir séparer dans le journal ce qui restait consciencieux et libre de ce qui devenait public et vénal, la limite du filet fut bientôt franchie. Des journaux parurent, uniquement fondés sur le produit présumé de l’annonce, alors surtout la complaisance fut forcée ; toute indépendance et toute réserve cessèrent ».

En dépit de la concurrence du journal Le Siècle, La Presse connaît un certain succès pendant les deux premières années avec 11 000 abonnés et des rentrées publicitaires appréciables. Delphine de Girardin contribue à l’aventure en écrivant sous le pseudonyme de Vicomte de Launay des causeries très appréciées pour leur brio, les Lettres parisiennes, qui nourrissent le feuilleton de La Presse. Les époux Girardin perçoivent 20 000 francs par an, mais les bénéfices de l’entreprise déclinent avec la crise de la publicité de 1838. En 1839 la liquidation est prononcée, mais Girardin rachète la société et relance le titre en augmentant le format pour accueillir plus de texte et d’annonces et en améliorant la présentation par une maquette plus aérée. En 1843, Girardin fait venir d’Alsace un grand journaliste libéral, le futur fondateur du Temps, Auguste Nefftzer, qu’il nomme secrétaire de la rédaction puis rédacteur en chef de La Presse. Jusqu’en 1856, date à laquelle Girardin cède La Presse à Moïse Millaud, le quotidienproduit 3 millions de francs de bénéfices cumulés. Hippolyte Castille en tire les leçons : « Non seulement le nouveau journal coûtait meilleur marché que les anciens, mais encore il était plus amusant. Il entrait dans le monde jeune par la forme comme par le reste. Aucun journal n’a, au même degré, réussi à captiver l’attention publique. La Presse a été quelque chose de plus qu’un journal, elle a été un spectacle. C’était une sorte de théâtre où l’on montrait des idées ».

Chantre de la liberté

Souvent accusé de versatilité politique, Girardin n’est pas un doctrinaire. La politique l’intéresse moins que l’organisation de la société, sur laquelle il a des idées de toutes sortes. Son grand principe est « bien-être et liberté », mais dans un cadre respectueux de l’ordre établi. Souvent en avance sur son temps, il est parfois utopique. Il est partisan de la paix universelle et de l’union entre les peuples ; il préconise le salaire minimum selon les besoins des familles, les assurances contre le chômage et la vieillesse, la limitation des heures de travail, la réglementation du travail des femmes et des enfants. Sa grande proposition de réforme est la création d’une inscription de vie, sorte de carnet d’état-civil dont chaque Français serait pourvu et où s’établirait au cours de sa vie son actif et son passif. Surtout, il souhaite limiter l’influence de l’Etat, au profit des individus jouissant du maximum de liberté. Car au-dessus de tout, il place la liberté : liberté de la presse, qu’il veut sans limite, mais aussi liberté religieuse et liberté politique.

Pressentant l’usure de la monarchie de Juillet, il s’oppose à Guizot en 1847 et démissionne de son mandat de député le 14 février 1848. La Presse est en phase avec 1848 : son article « Confiance ! Confiance ! », publié le 25 février, donne le ton ; le tirage passe de 30 000 à 70 000 entre février et décembre. Patron d’un journal conservateur de la République, Girardin est pris à parti par les révolutionnaires puis par le président du Conseil, le général Cavaignac, en juin ; le journal est interdit un mois et demi, Girardin est emprisonné. Libéré, il soutient la candidature de Louis-Napoléon Bonaparte avant de se retourner contre le prince-président. « C’est La Presse qui a fait nommer Louis-Napoléon Bonaparte », dit-on. « Mais non, répond Girardin, nous étions d’accord avec le public ; le public ne nous suivait pas plus que nous le suivions ; nous marchions d’un même mouvement. La preuve est que, quand nous n’avons plus soutenu le prince, qui avait visiblement le public avec lui, les lecteurs nous ont lâché ». Il y voit la démonstration que la presse est impuissante : la presse n’a pas d’influence sur l’opinion de ses lecteurs.

Il collabore à L’Evénement de Victor Hugo, prend parti pour la République contre le coup d’Etat du 2 décembre 1851, ce qui lui vaut l’exil. Rappelé à Paris au décès de Sophie Gay, il y demeure. Il reprend La Presse que son départ avait affaibli ; il ne se rallie pas à l’Empire et fait remonter le tirage de 12 000 à 43 000 exemplaires. Pour faire face à l’augmentation de tirage, Hippolyte Marinoni, mécanicien à l’imprimerie de La Presse, met au point des machines à quatre cylindres qui permettent de tirer 6 000 exemplaires à l’heure. Il a deux avertissements amnistiés, puis deux autres. Mis en place sous le Second Empire, le système des avertissements permet de mettre à l’amende les journaux, puis de les suspendre. En 1854, Emile de Girardin renonce à la rédaction, puis, en 1856, après le décès de Delphine Gay le 29 juin 1855, il vend sa part de gérance à Moïse Millaud.

Durant quelque temps, Girardin en retraite vit de ses rentes ; il achète l’hôtel Marbeuf sur les Champs Elysées et se veut auteur pour le théâtre, mais il ne suscite que des fours. Il publie également de nombreuses brochures politiques. Mais le virus le rattrape. Le 4 décembre 1862, il reprend encore La Presse ; le journal reçoit deux avertissements début 1866 ; devant l’affolement des actionnaires, Girardin démissionne le 21 février 1866 après avoir été condamné à 5 000 francs d’amende pour excitation à la haine et au mépris du gouvernement ; le 2 mars il reprend La Liberté pour en faire un organe d’opposition à l’Empire, qu’il vend opportunément en juin 1870 à son neveu Léonce Détroyat pour 1 million de francs.

Girardin reste discret dans la tourmente des années 1870-1871, mais il repart à l’assaut en 1872, en rachetant, coup sur coup, Le Journal Officiel en mai 1872, Le Petit Journal en février 1873 et La France en novembre 1874. Là encore il suit ses lecteurs en mettant ses journaux au service de la République, d’abord avec Thiers puis avec Gambetta ; le 16 mai 1879, il s’oppose vivement au coup de force du président Mac Mahon. Elu député du 9e arrondissement, le quartier de la presse, il se retire des affaires en 1880. Président de la Commission de la Chambre des députés qui examine le projet de loi sur la liberté de la presse, il participe ardemment aux débats, notamment en réclamant l’impunité totale pour la presse : « La presse sans l’impunité ce n’est pas la presse libre, c’est la presse tolérée, c’est la presse ayant pour juges l’arbitraire, l’ignorance et l’intolérance, ainsi que, pendant des siècles, ils le furent universellement et souverainement de la magie et de l’hérésie, ainsi qu’ils continuent de l’être dans les pays barbares », déclare-t-il le 18 juillet 1880. Il recommande l’abrogation de toutes les lois sur la presse, qui aurait pour seule obligation de signer les articles d’un nom véritable. Il propose un texte de loi constitué d’un seul article : « La presse est libre. Toutes les lois limitant la liberté de la presse sont abolies ». Mais il n’est pas suivi par les parlementaires. Il ne verra pas le vote, le 29 juillet 1881, de la grande loi de liberté qu’il a tant appelée de ses vœux, car il meurt le 27 avril, laissant à ses héritiers 8,5 millions de francs, une belle fortune entièrement gagnée dans la presse.

Patrick Eveno

10 DATES

  • 22 juin 1806. Naissance d’Emile de Girardin.
  • 5 avril 1828. Girardin publie l’hebdomadaire Le Voleur.
  • 1er juin 1831. Il épouse Delphine Gay.
  • Décembre 1831. Girardin publie le mensuel Le Journal des connaissances utiles.
  • 1er juillet 1836. Girardin lance le quotidien La Presse.
  • Juin 1848. Emprisonné, il écrit Journal d’un journaliste au secret.
  • 1856. Girardin cède La Presse à Moïse Millaud ; il rachète le quotidien en 1862.
  • 1866. Girardin quitte La Presse pour La Liberté.
  • Février 1873. Girardin reprend Le Petit Journal.
  • 27 avril 1881. Mort d’Emile de Girardin.



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